9 « trucs » pour réussir un film indépendant sans budget

Cette note, plus pour moi-même, pour me souvenir que :

– d’une part il existe pas mal de moyens de faire un film indé en optimisant matériel, lieu de tournage, ressources etc.

– ce blog a été créé pour dresser étape par étape la fabrication d’un film indépendant : le mien. Et qu’il faudrait quand même que je l’alimente un peu plus, en expliquant comme ce type ce que je fais. Parce que c’est sympa de le faire après coup, mais c’est quand même mieux avant.

Bref : Voici le lien pour

9 Cinematography Tips for Directors with No Space & No Budget

 

Par exemple :

Hakuna Matata ? A que non, mon tonton

J’ai un problème avec Le Roi Lion. Un problème avec son scénario.

Si je résume : Simba fuit son destin suite à la mort de son père le Roi au cours d’un accident qu’il croit avoir provoqué. Débarrassé de la pression familiale et de l’atavisme de sa lignée, il peut donc découvrir une autre vie « au jour le jour » avec ses amis Timon et Pumbaa. Leur crédo : Hakuna Matata, du swahili « il n’y a pas de problème ».

Et de reprendre en choeur et chouettement : Ces mots signifient / Que tu vivras ta vie / Sans aucun souci.


Et dans cette philosophie de vie, Simba s’en sort plutôt pas mal. Il grandit, forcit, il est beau, heureux, joyeux, en pleine santé, c’est l’éclate. La chanson devient l’hymne du film, et d’une certaine façon elle symbolise sa grande leçon : soyons heureux sans nous prendre la tête. Elle fait écho au « Il en faut peu pour être heureux » de Baloo dans le Livre de la Jungle, dans ce sens.

Sauf que Simba, apprenant que le royaume court à sa perte depuis qu’il est géré par son oncle félon, renonce finalement à cette belle philosophie et court rejoindre son passé, son destin, sa famille. Et le film finit en beauté, tout est rentré dans l’ordre, bye bye les choix personnels petit lion, assez rigolé maintenant il est temps d’oublier le bonheur d’une vie sans stress, va plutôt faire ce que les autres attendent de toi.

Le Roi Lion n’est pas un film sur le choix d’une vie différente, mais sur le renoncement à ses propres choix. C’est un film sur la nécessité d’assumer son rang plutôt que ses passions. De préférer sa famille à ses amis. Sa culture à sa nature.

Ou alors je n’ai absolument rien compris.

le roi lion parodie

A Vif, court métrage de Guillaume Foresti

Lundi 6 octobre j’ai eu la chance d’assister à une projection de trois courts métrages à Paris, au cinéma Gaumont Marignan sur les Champs-Elysées. Dolça, De Bonnes Sensations, et donc A Vif.

a vif comédienne 2 kate moran comédienne dans le film a vif de guillaume foresti court métrage Kate moran et pierre deladonchamps dans le film court métrage a vif de guillaume foresti

A Vif est un court métrage écrit et réalisé par Guillaume Foresti. Je connais Guillaume depuis peu : par l’entremise d’une amie commune nous avons été amenés à discuter cinéma, et pourquoi pas futurs projets ensemble.

Guillaume m’a rapidement montré ses premiers films. Il m’a expliqué son univers, ses obsessions, ses envies, ses blocages. L’objectif a tout de suite été de pouvoir comprendre son monde pour écrire un scénario qui lui convienne, à partir d’une idée qui intéressait sa productrice. Bref.

Guillaume Foresti travaille sur le réalisme fantastique. Borgès, par exemple. Gabriel Garcia Marquez. Cette façon d’induire de l’étrange dans du quotidien anodin.

A Vif, son dernier film, m’a donné la sensation que Guillaume avait franchi certaines étapes, et pas des moindres : sur l’écriture, déjà. Lui qui se pose comme un faiseur d’image plutôt que d’histoires, pour le coup le voilà qui raconte vraiment quelque chose. La mort de celle qu’on n’aime plus, sa décomposition comme dans l’esprit de celui qui désaime. Le personnage principal, ici interprété par Kate Moran, est en fait le reflet de l’âme de son compagnon, Pierre Deladonchamps, qui ne l’aime plus.

Il ne perçoit plus le toucher, il ne perçoit plus le parfum de sa femme, le goût de ses baisers. Tout s’étiole. Tout disparaît, se détruit dans son esprit. Il ne l’aime plus. A l’écran celui se traduit par une disparition du corps, douloureuse, violente, atroce. Comme une rupture, donc. Et la narration paradoxale (prendre comme personnage principal le fantasme et non le personnage lui-même, inverser la polarité, faire de fantasme un premier plan supérieur en présence à celui dont il émane), est une bien belle idée qui se prête parfaitement aux enjeux du réalisme fantastique. C’est ça, le bizarre, au-delà même du thème et de leur traitement. Et toute la subtilité est de faire du fantastique non pas une finalité, mais une illustration du réel. Pari réussi.

pierre deladonchamps comédien dans le film a vif de guillaume foresti

C’est donc essentiellement sur la qualité et la clarté du discours que selon moi Guillaume Foresti a passé un cap. Mais également sur l’image.

Je me souviens qu’il m’avait avoué son goût pour filmer les mains. Dans ses précédents films, essentiellement tournés en pellicule, j’ai été surpris par des mains brutes, froides, grises, roses, rougeaudes, pas les plus fines, pas maquillées. Je n’ai pas bien compris pourquoi il aimait filmer des mains alors qu’on était aussi loin du glamour. Une main, ça peut être splendide, élégant, lisse, fin, une fleur.

En voyant A Vif, dont la première scène montre une caresse aussi inaboutie que dérangeante, j’ai compris que les mains qui fascinent tant Guillaume ne sont peut-être pas, justement, les plus belles, mais celles qui répondent à son obsession de l’étrange. Ces mains dont on a du mal à comprendre comment elles peuvent être aussi fines et aussi grossières à la fois, cet appendice incompréhensible, d’une mécanique beaucoup trop complexe au bout de ce bras si basique. Une main, ça peut extrêmement déranger. Ca peut faire peur, être totalement incompréhensible. C’est là peut-être que réside la fascination de Guillaume : loin du glamour, oui. Mais si près de l’incompréhensible.

Enfin, le cadre est toujours gênant, à dessein. La dernière scène froide, l’illustre très bien. Décadrer, c’est cadrer l’angoisse, le malaise, l’inconfort. C’est sortir du confort du couple, remettre en question son amour, se retrouver mal à l’aise au milieu d’un univers connu, être gêné par ses contours désormais, ne jamais plus se sentir à sa place. Cela aussi échappait à ma compréhension dans ses premiers films.

Tout cela pour dire quoi ? Qu’une oeuvre comme celle que Guillaume Foresti propose se construit, film après film. Il est passionnant de suivre sa construction, puisqu’elle s’éclaire dans chaque travail, l’un après l’autre. Il ne faut pas avoir peur de ne pas comprendre soi-même ce que l’on fait. L’explication vient au fur et à mesure. Ou jamais, peu importe.

 

Dans le doute, changer de projet

john ford western

C’est l’heure du plan B. Le manque de recul fait parfois perdre ses repères. Est-ce que mon histoire est bonne ? Est-ce qu’elle tient la route ? Mon intrigue secondaire n’est-elle pas trop forte ? Ne prend-elle pas le pas sur l’intrigue principale ? Le sujet n’est-il pas trop lourd ? ou au contraire trop léger ? Va-t-il intéresser les spectateurs ? Ma structure est-elle solide ? Et j’en passe. C’est la panique.

Autant de questions auxquelles il est très difficile de répondre quand on a la tête dedans. En fait, ce n’est pas tant qu’il soit difficile d’y répondre : c’est juste que les réponses changent tout le temps. C’est ça, le manque de recul.

Alors il faut faire lire. C’est une question de méthodologie. Accepter qu’un premier jet ne soit pas bon (je dirais même que c’est un prérequis : faites un mauvais 1er jet ! Mais faites-en un). Et passer à un autre projet. Laisser le premier décanter. Laisser vos lecteurs prendre le temps de lire et de faire leurs retours. Respirer.

Ah ! Ca va mieux. En plus mon second projet est une comédie.

Une citation pour accompagner ça avec de la glace : « Dans le doute, faites un western » — John Ford

L’heure a sonné de tout changer

Être ouvert à la critique, accepter de faire lire son synopsis, son traitement… Tout ça est bien beau, mais voilà : ça peut donner envie de tout changer.

Je crois fermement qu’il est important de « challenger » son projet. Il est si facile de s’enfermer, de s’enferrer dans une structure ou des personnages simples à cadrer. Mais comme le disait je ne sais plus qui, la seule question qui vaille quand on écrit un scénario est « et si… ? »

Remettre en question, accepter l’exercice de tout balayer pour mieux rassembler ce qui est épars et en extraire le meilleur d’une histoire. C’est le principe du tamis. Il faut tamiser.

Bon, il est l’heure de m’y remettre, maintenant.

Budget d’un film

Conversations à 24 h d’intervalle.

La première avec un ami producteur. A qui j’expose mon projet de scénario de long métrage et qui me dit que c’est bien beau tout ça (en substance) mais un long métrage c’est au bas mot 3 semaines de tournage et des frais incompressibles de 40 000 €.

La seconde avec un ami comédien et réalisateur qui a tourné un long métrage sur 4 semaines pour 8 000 € donc (seulement) 6 000 de sa poche.

Il y a des solutions à tout.