Monaco here I come

Jeudi, départ pour Monaco pour le tournage d’un court métrage pendant le salon MAGIC, organisé par Shibuya Productions et mon pote Cédric B-Sky (Big up!).

Cédric me met la pression pour ce film, qui sera tourné PENDANT le salon. Il a fallu concevoir une histoire de quelques minutes qui prenne place au cours de l’événement, et que nous organisions le tournage tandis que le salon a lieu. Sacré challenge.

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Du coup, pour ne pas me rater, je repasse les 9 erreurs classiques à ne pas faire sur un film, recensées par Premium Beat. J’aime bien les gens de Premium Beat, parce qu’ils donnent plein de conseils sur la façon de faire un film (le filmmaking), alors que leur job de base c’est de proposer des musiques (de films). Pas exclu que j’utilise l’une des bandes de leur catalogue un de ces 4.

Bref, voici les 9 erreurs à éviter, toutes illustrées dans l’article judicieux de Jourdan Aldredge. Je les ai toutes déjà faites. En espérant que Cédric ne tombe jamais sur cette phrase. Wish me luck!

1- Oublier son matériel ou ne pas avoir chargé les batteries.

2- Travailler avec des lentilles sales (un jour peut-être vous raconterai-je le tournage de ce qui eut pu être Love Angeles, un court métrage tourner à LA. Avec des lentilles sales. Et une Bolex.)

3- Tourner un plan flou. J’avoue.

4- Ne pas vérifier la balance des blancs (et ne pas apprendre que ça existe).

5- Casser la règle des 180°.

6- Sous ou sur-éclairer son set par absence de lumière additionnelle (ou compter un peu trop sur l’étalonneur).

7- Trop compter sur le stabilisateur en post-prod (« on verra ça en post-prod »).

8- Ne pas prendre le temps d’équilibrer le son (ou ne pas prendre le son).

9- Ne pas exporter correctement les fichiers.

 

Jour zéro : la première équipe

Pour préparer le tournage, et en particulier la première journée à Montereau, il a d’abord fallu réunir toute une équipe technique. Certes j’étais prêt à assumer un maximum de postes, scénariste, réalisateur, cadreur, script, compositeur, etc. (un etc. bien court en définitive, car il y a tout de même pas mal de postes que je ne me sentais pas, et ne me sens toujours pas, prêt à tenir, comme preneur de son ou monteur, sans parler de comédien), mais il valait mieux compter sur des pros, ou des personnes un peu plus expérimentées que moi pour que le film se fasse dans de meilleurs conditions. J’avais d’ailleurs en tête que l’un des intérêts d’un film par rapport à l’écriture d’un livre, c’est l’équipe. Je reviendrai probablement dessus un de ces jours.
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(Une grande et belle partie de la « 1ère équipe » en réunion de préparation de la 1ère journée de tournage. Merci à vous tous !!)

Bref : par l’entremise d’Auguste Dumay, qui interprète le personnage principal du long métrage autoproduit Le Retour de Marçao, j’ai ainsi pu rencontrer une belle team d’étudiants en audiovisuel. Ils avaient ensemble réalisé plusieurs courts métrages dans le cadre de leur année scolaire, et Auguste m’assurait du sérieux et de la compétence de chacun.

Une équipe technique, ça veut dire qu’il faut pourvoir à tous les postes qui participent à la conception d’un film (sans aucun ordre d’importance) :

  • Réalisateur, scénariste (ça c’est fait :p)
  • Chef Opérateur : La personne la plus importante sur un plateau après le réalisateur : il / elle crée l’image, en gérant la lumière, choisit en général la caméra en fonction des besoins du réalisateur, choisit les optiques, etc. Pour Marçao, nous avons le plus souvent tourné en lumière naturelle, et nous avons utilisé les optiques de la Bolex (des Kish à monture C)
  • Cadreur : il / elle se conjugue souvent avec le poste de Chef Opérateur. Il est le garant du bon cadre de l’image. Il tient donc la caméra. Ma Bolex (mon préciiieeeeuuuuux) !!
  • Preneur de son : en général un binôme ingé son + perchman. Le son, comme disait Spielberg, c’est 50% du film.
  • Monteur : c’est la personne qui va récupérer les images pour les assembler et raconter l’histoire. On est en plein dedans en ce moment. C’est chaud.
  • Producteur : la personne qui met de l’argent dans le film, mais qui peut aussi organiser le tournage (on l’appelle alors producteur exécutif), ou aller chercher l’argent. C’est le propriétaire du film à la fin (mais pas propriétaire du scénario).
  • Script : la personne qui clape (souvent), mais surtout qui note scrupuleusement les détails d’une scène, afin d’éviter les faux raccords (les erreurs de continuité d’une scène à l’autre).
  • HMC : Habillage, Maquillage, Coiffure. Très important, notamment parce que la lumière sur un plateau éclaire différemment les visages ! Ce sont aussi les premières personnes à intervenir le jour du tournage : on ne tourne que lorsque les HMC ont terminé leur travail 🙂

Ensuite il y a plein d’autres intervenants, que je détaillerai plus tard.

Ainsi soit-il. Un beau jour d’avril je me suis présenté dans une salle de classe pour faire leur rencontre. Et c’est quasi unanimement qu’ils ont accepté ce projet assez dingue : réaliser un long métrage de fiction. Ca les changeait des films institutionnels qu’on leur proposait à l’école ! Assez immédiatement la discussion a tourné autour de la faisabilité du projet. De ce que ça impliquait en termes de délais, de disponibilité, d’autorisation, etc. Nous nous connaissions depuis quelques minutes et déjà, nous parlions concrètement. C’est à n’en pas douter ce qui m’a tout de suite séduit chez ces étudiants motivés, cultivés, volontaires. J’avais la pression, moi qui étais sensé la leur mettre à eux ! Je n’avais alors qu’une quarantaine de pages de script (on estime qu’une page égale une minute de film). Mais j’ai adoré cette énergie spontanée, créative… Je me souviens d’Hugo disant clairement « Un long métrage, tu mets tes c*** sur la table ! ». Ca en disait long sur leur investissement prochain.

Je cause, je cause, mais je n’en oublie pas leurs noms (sauf à deux ou trois, pardon les gars) ! Les voici donc dans un désordre voulu 😉 Amaury Audoin, Damien Prin, Charlotte Barbé (qui fut la première à accepter de me rencontrer avant de me présenter toute l’équipe), Quentin Ormancey, Hugo Liebling, Antoine, l’autre Quentin, vint ensuite Elodie Chambrillon, puis Ludmilla, et enfin Antony Clément au départ de la production. La productrice finale du film, Véronique Sanchez, n’était pas très loin ! On la retrouvera sur Montereau dans un tout autre rôle, puis plus tard dans le film en tant que comédienne 😉 J’ajoute aussi Kiem Pham au son !

Peu après il y aura Ludivine Philippe notre habilleuse styliste, Jessica Rodriguez notre maquilleuse, puis Manon Delhomme et Ophélie Bazeille qui l’accompagneront. Hélora Moitaux sera assez vite de la partie également en tant qu’assistante de prod et script, et jusqu’au bout puisqu’elle travaille actuellement sur l’affiche ! Plus tard il y aura aussi Flavie Acier et Roberto d’Alessandro au montage !

J’espère n’oublier personne ! Ce serait involontaire de ma part. Merci à tous et toutes pour votre confiance insensée. Comme je le leur ai dit au retour des trois premiers jours de tournage à Montereau : c’est un honneur incroyable qu’ils m’ont fait d’avoir travaillé sur ce film. Et si certains n’ont pas poursuivi l’aventure jusqu’au bout, quelles qu’en soient les raisons, je conserverai toujours la chaleur de leur confiance.

Marçao Jour 1

Je me le promets depuis un moment, alors je vais tenir la promesse au moins pour moi-même, et j’espère pour vous ! Vous raconter le déroulement du tournage de mon premier film en long métrage Le Retour de Marçao, jour par jour 🙂

Let’s go.

Premier jour, dernière scène

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Le cinéma, et j’aime aussi en faire pour ça, c’est un assemblage d’images qui n’ont pas forcément été tournées dans l’ordre de l’histoire. Il y a même une dimension assez magique à tourner les scènes dans le désordre. Ca oblige à pas mal d’organisation, ça oblige à se projeter à différents moments du film comme un ping pong aléatoire, ça oblige à écrire de façon aussi serrée, et sérieuse, que possible. J’adore.

Et donc, au premier jour du tournage du Retour de Marçao (qui s’appelait à l’époque sobrement Rio), fut tournée la dernière scène du film. On ne peut pas faire plus bel effet miroir. Ce premier jour a eu lieu le samedi 5 juin 2015.

L’enjeu était assez dingue, et multiple : d’une part, débuter un tournage par la scène de fin. Belle pression : le cadreur n’avait jamais manipulé la Digital Bolex avec laquelle j’avais décidé de tourner le film. Comme ils étaient tous étudiants, leur seule expérience de tournage se limitait à des courts métrages réalisés dans le cadre de leur cursus. Moi non plus, je n’avais pas d’autre expérience que quelques courts. Manager une équipe complète sur un plateau, jamais fait.

Autre enjeu, et probablement le plus important : je n’avais pas le droit de rater ma scène. en effet, nous n’avions le temps que pour une seule prise. Deux minutes. Un go, un stop, et pas de seconde chance.

Un festival de 10 000 personnes

En effet, pas de seconde chance, parce que nous avons tourné entre deux concerts lors d’un festival en plein air, à Montereau (77). Et le changement de plateau entre chaque show était millimétré. Comme il fallait monter sur scène et jouer notre séquence devant le public, pas question de couper et de dire « on la refait ».

Pour réussir notre plan de la façon la plus sûre possible, étant donné que nous n’avions pas droit à l’erreur, nous sommes venus repérer le plateau la veille. La grande scène du festival où nous devions tourner était montée. Nous pouvions monter dessus et effectuer les premières « mécas », c’est-à-dire simuler la scène sans la caméra, vérifier les mouvements, répéter le texte, peaufiner la mise en scène, placer les techniciens et les comédiens, etc.

Sauf que…

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Des repérages qui tombent à l’eau

Sauf que le lendemain, jour du tournage, pas mal de choses avaient changé : l’accès à la scène par les backstages avait changé : la rampe par laquelle le comédien principal (Auguste Dumay) devait arriver jusqu’à la scène avait été enlevée. Elle ne servait qu’à charger le matériel. Il fallait donc revoir complètement notre séquence, et les fameuses mécas ne servaient plus à rien…

Par ailleurs, le timing était à priori en notre faveur : nous devions passer juste avant le concert de Yannick Noah, en milieu d’après midi. Cela nous laissait le temps pour : faire les réglages de la caméra, refaire des mécas, envisager une autre solution pour l’arrivée du personnage principal, etc.

montereau-festival-confluences-marcao-techniciensSauf que, là encore, ce qui devait être un avantage est devenu un inconvénient majeur, voire un vrai problème : pour lancer notre tournage nous devions nous conformer à l’avis du régisseur général. Régisseur sur un festival, c’est le chef, celui qui dit oui ou non. Pas un type rigolo. Le moindre problème, le moindre retard, et il peut parfaitement annuler ce qui n’était pas prévu à la base. Alors une demi douzaine d’amateurs qui s’immiscent dans son festival… un simple accroc au planning et hop ! à la trappe, notre tournage.

Et plus le temps passe, plus les changements de plateaux prennent du retard, et plus il est facile de le rattraper en nous annulant, nous. Pour tout dire, je suis resté convaincu pendant toute la journée (nous sommes arrivés à 11h) qu’à chaque seconde on allait nous dire que notre autorisation de tourner tombait à l’eau. En termes de management, belle leçon : surtout ne pas transmettre mes craintes à l’équipe ! Pas facile, d’autant plus que le directeur de la communication est venu me voir plusieurs fois, pour des questions mineures, mais à chaque fois qu’il me faisait signe pour me parler en « off », je m’attendais à ce qu’il me dise qu’on n’allait pas pouvoir tourner.

La scène de Yannick Noah

Et puis finalement, si. Nous avons tourné. Je me souviens parfaitement de cette longue minute avant le concert de Yannick Noah : nous, le cadreur, le perchman, son assistant qui devait courir poser un micro devant la scène pour prendre les éventuels applaudissements du public, les deux comédiens, l’assistante de prod (tous étudiants), et tout ce petit monde qui se faisait aussi discret que possible pour laisser les équipes de Noah et du groupe précédent se croiser pour changer les plateaux. Et au bout de cette longue minute où le régisseur pouvait encore nous dire non, je le vois se retourner vers moi. Je m’attends à ce qu’il me dise « c’est pas possible ». Mais de sa bouche sortent d’autres mots : « c’est à vous ».

Le moteur tournait depuis un moment. Alors Action. Et c’est parti.

Le public en face s’attend à voir Noah. Le festival est immense : 10 000 personnes (on me le confirmera par la suite) qui nous voient débarquer, totalement inconnus. Mais ils applaudissent. Ils crient pour nous accueillir. Le soleil est écrasant, le ciel est limpide. Notre expérience est extraordinaire. Je suis le cadreur, juste derrière lui (nous n’avons pour tout moniteur de contrôle qu’un fidèle Lilliput 5 pouces, prêté par un ami, Guillaume – merci à lui ! – branché sur la caméra) et je sais que la prise est bonne.

Coupez ! C’est dans la boîte, nous sortons de scène et nous explosons de joie.

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Ma plus grande émotion

Ma plus grande émotion pour cette première journée est d’avoir offert à mon équipe ce que je lui avais promis : une grande scène sur un grand festival, plusieurs milliers de spectateurs, et une aventure incroyable 🙂 Je ne remercierai jamais assez la mairie de Montereau de m’avoir permis de tourner cette séquence (je vous expliquerai un jour comment je suis parvenu à obtenir cette autorisation – totalement gratuitement), et je ne remercierai jamais assez mon équipe d’avoir été assez dingue pour me suivre !

(Photos Elodie Chambrillon)

Bye Bye Bolex :`(

La caméra Digital Bolex D16 ne sera plus produite. Après une courte expérience qui voulut donner à la marque Bolex des lettres de noblesse digitales, le fabricant canadien a déposé le bilan. Pas assez de ventes.

Je l’ai découverte grâce à mon pote Lotfaï lors d’un séjour à Los Angeles en mai 2014. Lotfaï est un réalisateur qui a sa petite notoriété dans le milieu de la pub. Un esprit créatif comme j’en ai peu rencontré. Une personnalité. Joe Rubinstein, le créateur de cette renaissance de Bolex, était au courant que Lotfaï passait quelque temps à LA, et lui a proposé de tester sa caméra. Nous nous sommes donc rendu à Downtown, quartier dont j’adore l’atmosphère assez franchement cinématographique, pour rencontrer Joe et lui emprunter un exemplaire de la D16.

Bertrand Ploquin digitalbolex D16Mon Nikon D90 en soute, j’étais parti à LA avec l’idée de tourner un court métrage, Lotfaï assurant les postes de comédien, producteur et monteur. J’avais une idée de scénario, mais surtout une intention : faire un film expérimental, nous laisser porter par notre créativité sur l’instant, surfer sur l’énergie dont seule la mégapole californienne est capable, comme je l’avais découvert deux ans auparavant. Avec la Bolex, les enjeux s’affirmaient : nous ne pouvions pas ne rien faire. Les Dieux du court métrage étaient avec nous. En tout cas, ils nous envoyaient des f***ing signs (« Si tu vois un grand canard blanc sur le lac : c’est un signe »).

Il est clair dans ma mémoire comme clair est le ciel sur le désert de Californie, ce déjeuner entre L. et moi au cours duquel, quelques heures à peine après avoir récupéré la caméra, encore tout stupéfaits de la confiance de Joe, nous nous sommes brainstormés pour pas cher.

« – Bon, on a une caméra, 5 jours devant nous, et à nous deux on a toute une équipe : réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur, preneur de son. Il faut qu’on fasse quelque chose, et vite !
– J’ai bien une idée de scénario très rapide à tourner. Il me faut juste un acteur, une actrice,  et un hôtel. Le pitch, c’est un type qui appelle sa femme pour lui dire qu’il sera en retard et qu’il ne peut pas aller chercher les enfants à l’école. Mais en fait il va voir une prostituée. Quand il sort de la chambre, il appelle sa femme, et là… (« et là » spoil).
– On fait ça ! En plus je me suis promis de rencontrer une comédienne française qui vit ici. Un motel, c’est possible ? Et si on peut utiliser la Mustang, production value assurée ! »

(Nous avions loué une Mustang décapotable aussi flambeuse que lourde, LE véhicule de tous les touristes à Los Angeles, un veau qui se traine sur les freeways. Mais nous ne boudions pas notre bonheur d’être au volant, croyez-moi !)

Deux jours plus tard, Bang était né, en une après midi de tournage aussi intense que jouissive. Je tenais pour la première fois une Digital Bolex entre les mains, et elle me permettait de faire des images qui, quelques mois plus tard, allaient me rapporter les deux premiers prix cinématographiques de ma vie.

L’expérience de la Bolex m’a tellement plu, son image si caractéristique, ses couleurs chaudes et douces, sa lumière saine, joyeuse comme un jeune chiot (oui, c’est étrange de dire cela d’une caméra, mais que voulez-vous), ce grain palpable, un grain de peau, sa texture tendre, c’est une étoffe. Un corps en forme d’images, en 16 mm numériques. Un bonheur. J’ai fini par l’acheter, comme quasiment personne en France, ai-je découvert par la suite. Un magasin de vidéo à Paris m’a demandé si je pouvais lui donner le lien de Bang pour le montrer à ses clients intrigués par la D16. Un étalonneur réputé est curieux que je lui montre les images que j’ai tournées avec ma Bolex sur mon premier long métrage. Cette caméra, ce n’est pas rien. Elle intrigue, elle inspire. Elle a une personnalité qu’aucun DSLR n’aura jamais. C’est une voix. Sa propre voix. C’est presque humain, comme relation. Demandez à Spike Lee.

Alors dans la foulée, nous en avons profité pour tourner un deuxième court métrage, qui verra bientôt le jour, avec Patricia Ponce De Leon, toujours Lotfaï à la prod et en comédien, et votre serviteur pour le reste. Nous l’avons appelé Love Angeles, pas pour rien je peux vous le dire. Ce second tournage fut généreux, touchant, et riche en rebondissements que je vous raconterai peut-être plus tard. Avec la Bolex, c’était devenu intime, fusionnel. Un début de passion. Mes images sont parfois floues, parfois sales, mais elles sont plus humaines que tout ce que je vois actuellement. Elles sont le contrepoint frondeur de la froideur chirurgicale du cinéma mainstream. Elles narguent la netteté dérisoire des milliards de pixels. Elles sont charnelles, elles sont vraies, elles sont belles. Je les aime.

Ma Digital Bolex D16 m’a permis de raconter de belles histoires. Elle appartient désormais à l’histoire.

PS. Si vous passez par LA, allez voir le Cabaret Versatile de Lola Ohlala et ses girls. De ma part.

Tenir un blog sur la fabrication d’un film indépendant (et s’y tenir)

Regarder des films pour mieux en faire

Je tourne autour du pot depuis un moment, mais le but de ce blog n’est pas tant de parler de cinéma que de la façon d’en faire.
Certes, voir des films aide à comprendre le cinéma, inspire, guide, voire permet d’essayer d’éviter certaines erreurs, ou simplement faire le tri dans des possibilités.

Fabriquer un film indépendant

Mais l’idée ici est surtout de raconter la fabrication. J’écris un script pour un long métrage, j’ai un court métrage en pré-production avec une date de tournage prévue en février, et deux autres projets au moins sur le feu avec un producteur, pour des courts là encore.

Chacune de mes critiques n’aura donc pour but que de tirer le meilleur du film en question dans le cadre de ces projets.

Par exemple, tenez, j’ai vu Only Lovers Left Alive, hier. Le film m’a apporté un semblant de réponse à une question d’un ami réalisateur à qui j’ai soumis mon projet de long métrage : quelle autre solution avons-nous pour indiquer que les personnages sont inscrits dans un propos plus grand qu’eux-mêmes, presque jusqu’à la mythologie ? Des pions d’un destin qui les dépasse ?
Dans le film de Jim Jarmusch, certains plans en plongée depuis les plafonds donnent cette sensation. Voici qui me sert ! (En outre, quel très beau film).

Je vais donc essayer, vraiment, de raconter mon parcours de réalisateur indépendant.
Oui, j’oubliais, je vais tenter de concrétiser ce projet de long métrage avec le minimum de moyens financiers possibles. Juste pour montrer que c’est possible.

See ya soon folks!