World War Z – Brad Pitt brade son pitch

Etrange idée de débuter un blog sur le scenario de cinéma par World War Z (2013, Marc Foster, scénario de l’incontournable Damon Lindelof*, avec Brad Pitt, donc). Parce qu’en terme de scénario, pardon : cette histoire de zombies est totalement vide.

Un scénario aussi creux qu’une cervelle de zombie…

Mais est-ce le but ? Finalement, un film traitant de l’état décérébré des « Un-Dead » s’illustrerait idéalement à ne pas trop forcer la dose sur des personnages complexes, à la psychologie fine, aux tourments insolubles. Sauf qu’ici, l’absence totale de psychologie des personnages crée une forme de point commun assez immédiat entre le héros, sa famille, et leurs terribles poursuivants morts-vivants.

Bon. Ne cherchons pas plus loin d’autres fins qu’une simple intention de réaliser un pop-corn movie. Et ça marche. World War Z passe pour un pur « film de réalisateur », l’objectif du script étant surtout de créer ces scènes très prenantes où les zombies envahissent des villes entières, franchissent des murailles et bondissent sur les humains. Et c’est plutôt flippant, donc réussi. L’histoire, quant à elle, tient sur une tranche de papier à cigarette : les zombies, victimes d’un virus non identifié, envahissent la planète à une vitesse phénoménale. Brad doit trouver la solution, viiiite.

Qu’en retenir ?

Dans le cadre de l’écriture d’un scénario, quelques éléments font tout de même réfléchir :

– la famille du héros est nécessaire, même si elle n’a aucun rôle dans le film. On ne tremble pas pour elle, elle ne sert qu’un gag médiocre, elle ne joue aucun rôle dans le développement de l’histoire. D’ailleurs, on l’abandonne assez tôt.

– Le « virus de la fin » (léger spoil qu’on me pardonnera) n’est pas du tout identifié. Tiens, pourtant, il a l’air très dangereux. Mais dans l’histoire, seul son danger compte, pas son nom.

A quoi bon s’acharner à écrire la chute des zombies, puisque le but est de montrer leur ascension ? On peut donc tranquillement solder la fin par une voix off, et le tour est joué.

– Ne jamais laisser ses personnages prendre l’avion sans exploiter cet espace si particulier. Ca donne de très chouettes scènes.

– Et tant qu’à les mettre dans un avion, faites-leur faire le tour du monde. Ca donne la sensation d’un film à grand spectacle, ça comble des vides de scénario en emmenant le spectateur avec soi.

A mûrir.

*Oh ! Juste pour info : Damon Lindelof a signé Lost, Prometheus, Cowboys et Envahisseurs, Star Trek into Darkness…