Comment Steve Jobs répond malgré lui à la question de conscience d’un réalisateur de films indépendants voire guérilla

Vu Steve Jobs, le film de Danny Boyle, avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen et des pommes. Vu en VOD, soit dit en passant.

Chouette film, certes, beau casting, amusante idée scénaristique qui consiste à ne présenter chaque scène que dans les instants qui précèdent les fameux « Keynotes » du patron d’Apple.

Mais au-delà du portrait sorkinien (synonyme d’hystérique) de Jobs, cette phrase qui tranche dans le lard des questionnements d’un réalisateur qui ne sait quelle voie choisir entre guérilla et industrie, phrase attribuée au personnage de Jobs lui-même :

« L’artiste ouvre la voie, le tâcheron cherche la reconnaissance. »

Bim, dans la face de l’article précédent sur ce blog.

 

Robert Rodriguez et la DIY movie school

rebel without a crew robert rodriguez bookDans son livre Rebel Without A Crew, le réalisateur de Sin City et d’Une Nuit en Enfer donne la clé suffisante et nécessaire pour faire un film, long métrage ou court métrage : avoir une caméra. Pour pouvoir faire soi-même son propre film.

La Légende du Long Métrage

Il y a une sorte d’imagerie collective autour de la réalisation d’un long métrage : c’est vu comme un Graal, un aboutissement, l’achèvement d’une vie uniquement accessible après des années de lutte et d’expérience.

robert rodriguez el mariachiJ’ai croisé bon nombre d’équipes de courts métrages, notamment dans les bars « off » du festival de Cannes. Tout le monde regardait les réalisateurs de longs métrages comme des demi Dieux, entre envie et admiration. « Wow, il a fait son long ! ». Ok. C’est impressionnant, un long métrage. Mais l’envie m’a vite saisi de mettre à plat cette espèce de truc sacré. Ca ne devait pas être si compliqué à faire que ça, un long métrage. Ou en tout cas, hors de question de le voir comme un inaccessible éden.

Los Angeles, la prise de conscience de tous les réseaux ciné

Quelques années auparavant j’avais eu la chance d’aller à Los Angeles pour défendre un court métrage sélectionné pour un festival (La Vie Simple). Sur place, la grande leçon que j’ai reçue a été de prendre conscience que l’industrie du cinéma ne se limite pas aux blockbusters affichés en grand format sur les billboards des salles parisiennes. Loin de là : une multitude de réseaux de distribution, de production, de création de films tous aussi divers que variés existe ! Nous n’avons connaissance que d’une infime partie de ce que le cinéma est, de ce qui se fait. Nous ne connaissons que ce que la télé et les gros distributeurs choisissent. Mais le monde est large et le monde du cinéma en particulier, qui permet à tous les types de films d’exister.
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Conséquences :
1- Il est d’autant plus important de sortir du lot, et c’est aussi la fonction première d’un long métrage.
2- Tous ces films qui existent n’ont pas attendu les studios pour se faire. A un moment, ils ont juste été faits. Le principe du Graal ne tenait plus la route : si tous ces films existent, c’est qu’il y a d’autres méthodes que celle du circuit royal des producteurs et des studios.

C’est à ce moment-là que j’ai lu Rebel Without A Crew.

Rebel Without A Crew, leçon de cinéma guérilla

Dans son livre, Robert Rodriguez explique comment il a réalisé El Mariachi. Il décrit toutes les étapes, mais pour faire court : si vous voulez faire un film, alors tout ce dont vous avez besoin c’est d’une caméra. Vous ne pourrez jamais prétendre être réalisateur si vous n’avez pas fait de film. Or personne n’a d’autorisation à vous donner. Ce n’est qu’en faisant votre film vous-même que vous pourrez avancer, apprendre, être un meilleur réalisateur. Comptez sur vous-même non pas pour être un génie de la mise en scène, mais pour apprendre à être bon.

Robert Rodriguez a fait le tour des universités de cinéma avec une conférence qui disait : comment devenir réalisateur en 10 minutes. Telle est en effet la durée de sa conférence. Simple, efficace, motivante. Prenez une caméra, tournez. Le reste viendra.

Dont acte ! Et action.

Tourner un film guérilla, le making of en live

Promesse tenue ! … ou presque : ce blog reprend du service au quotidien, ou peu s’en faut 🙂 Je vais donc continuer, plus assidument, à vous faire partager l’aventure d’un tournage de long métrage indépendant, et même « guérilla« , comme on dit.

Est-ce la bonne résolution de Noël ? Possible. Est-ce parce que mon épouse m’a offert les entretiens entre Truffaut et Hitchcock ? Probable. Un peu tout ça, et quelques motivations latentes.

Définition d’un Film guérilla : ne pas attendre pour se lancer

Bref : un film guérilla, qu’est-ce que c’est ? C’est un film qui ne s’embarrasse d’aucune des règles traditionnelles pour faire du cinéma. Seule est nécessaire une caméra (et encore). Nous sommes partis sans budget, sans production, sans autre autorisation que notre envie de faire du cinéma. Et nous essayons de tourner sans dépenser d’argent, autant que faire se peut (ce n’est pas toujours possible mais parfois on tombe sur des gens incroyablement généreux !)

Tous les membres de l’équipe ont dit oui pour faire partie de l’aventure bénévolement. Mais nous espérons pouvoir les rémunérer très rapidement, ne serait-ce qu’en participation. Je reviendrai sur cette option qui se concrétise.

Un tournage long

Aujourd’hui nous préparons le 13ème jour de tournage, le premier ayant eu lieu le 5 juin 2015. Je prévois en tout 17 jours de tournage. Vous le voyez, ça n’avance pas vite. Mais j’aime que cette aventure prenne son temps. Je suis dedans, c’est un voyage particulièrement excitant, je n’aurais pas aimé qu’il se termine trop vite.
Ce 13ème jour aura lieu à Paris, lundi, vers Bastille.

Néanmoins il faut avancer ! Je suis sur le point de valider le recrutement d’un monteur truquiste. Cela va me permettre de monter une bande annonce rapidement, j’espère.

Allez, je vous colle une image, et je vous souhaite un joyeux Noël 🙂
equipe tournage film guerilla marcao

Comment choisit-on les films que l’on veut voir ?

Titre un peu prétentieux pour cette infographie néanmoins très intéressante, qui s’appuie sur une étude de Youtube (Google, donc) pour identifier les réflexes qui aident les internautes à choisir le film qu’ils iront voir au cinéma.

Bémol nécessaire : on peut tout aussi bien imaginer qu’il s’agit d’une campagne de Youtube pour convaincre à la fois les distributeurs de préférer cette plateforme pour promouvoir leurs films, les annonceurs d’acheter de l’espace sur ces contenus, et les internautes de regarder Youtube plutôt que la presse ou la télé pour choisir un film, hein. Je dis ça je dis rien, comme dirait l’autre.

Bref :
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9 « trucs » pour réussir un film indépendant sans budget

Cette note, plus pour moi-même, pour me souvenir que :

– d’une part il existe pas mal de moyens de faire un film indé en optimisant matériel, lieu de tournage, ressources etc.

– ce blog a été créé pour dresser étape par étape la fabrication d’un film indépendant : le mien. Et qu’il faudrait quand même que je l’alimente un peu plus, en expliquant comme ce type ce que je fais. Parce que c’est sympa de le faire après coup, mais c’est quand même mieux avant.

Bref : Voici le lien pour

9 Cinematography Tips for Directors with No Space & No Budget

 

Par exemple :